Commercialisation de l’arachide : Timide démarrage dans la région de Kaolack

Une semaine après l’ouverture officielle de la campagne de commercialisation arachidière, ce n’est pas encore le grand rush ni dans les marchés hebdomadaires encore moins chez les industriels alors que les prévisions de production sont nettement en hausse pour cette campagne.

Démarrée officiellement le 1er décembre 2017, la campagne de commercialisation arachidière a du mal à s’installer dans la région de Kaolack, réputée pourtant être le cœur du bassin arachidier. Si dans quelques marchés hebdomadaires les graines font l’objet d’intenses négociations à l’instar de Thiaré dans le département de Kaolack et Dinguiraye dans celui de Nioro, on est loin du rythme de croisière dans cette partie centrale du pays. « La commercialisation de l’arachide implique la fixation par arrêté du prix aux producteurs, une disponibilité du produit et l’engagement des opérateurs à l’acheter. A ce jour, nous avons identifié 491 points de vente », a déclaré Alassane Sow qui suit la commercialisation à la Direction régionale du développement rural (Drdr) de Kaolack. Une semaine jour pour jour, près de 28 millions de FCfa ont été échangés dans la zone de Thiaré et celle de Nioro avec respectivement 60 tonnes équivalent à 12,5 millions de FCfa et 71 tonnes pour 15,4 millions de FCfa. Des marchés où le prix officiel d’au moins 210 FCfa le kilogramme n’est pas souvent respecté, dénoncent certains responsables d’organisations de producteurs qui pointent du doigt des opérateurs privés stockeurs. Une baisse du prix qui fait craindre une spéculation effrénée sur le produit favorisant le phénomène du « Mbapatt ». Une appréhension légitime, selon Ibrahima Badiane, le président de l’association des paysans du Saloum, qui sollicite l’intervention des pouvoirs publics pour tuer dans l’œuf cette pratique frauduleuse. Un recours aux marchés parallèles favorisé par le faux départ de la campagne de commercialisation chez les industriels pour différends en dépit des longues files de camions qui attendent d’être déchargés.

« Nous sommes confrontés à un différend avec la Sonacos sur le taux d’abattement. A l’issue d’une rencontre avec la direction de l’entreprise, il était fixé à 1,8% du taux d’abattement mais, arrivé à l’usine, cet accord n’était pas respecté. D’où notre refus de livrer les graines aussi longtemps que ce point d’accord ne sera pas effectif », a déclaré Cheikh Tall, le président de la zone centre de la Fédération nationale des organismes privés stockeurs/transporteurs (Fnops/T) lors d’un point de presse jeudi dernier. Du côté de la Sonacos, on minimise en faisant remarquer que la reprise des déchargements depuis vendredi avec un rythme journalier de plus de 1.250 tonnes pour atteindre l’objectif de 100.000 tonnes pour l’usine de Sonacos-Lydiane. Quelques kilomètres plus loin, à l’usine de Copeol installée sur le terre plein du port commercial de Kaolack, le non-paiement d’un reliquat par l’Etat plombe la collecte. « L’Etat nous doit encore de l’argent concernant la subvention de l’année dernière. C’est un crédit de 1,5 milliard de FCfa », affirme Abdou Aziz Lô, responsable des approvisionnements de l’huilerie dont les prévisions de collectes se situent autour de 100.000 tonnes pour cette campagne.

L’année dernière, la campagne de commercialisation dans la région avait permis de collecter 131.000 tonnes pour une valeur marchande de 28,8 milliards de FCfa.

Auteur: 
Elimane FALL
Source: 
Le Soleil

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