Deux cardiologues relèvent un manque de ‘’fiabilité’’ du diagnostic de l’hypertension artérielle

Le diagnostic de l’hypertension artérielle chez les patients souffre parfois d’un manque de fiabilité, ont estimé jeudi Abdou Kane, professeur titulaire de cardiologie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), et Souleymane Thiam, chef du service cardiologie de l’hôpital régional El Hadj Ibrahima Niass.

Les deux médecins estiment que ce manque de fiabilité est dû à aux techniques utilisées par la plupart des médecins ou soignants pour prendre la pression artérielle avec ’’un tensiomètre ou au déficit de formation des soignants’’.

Ils s’exprimaient lors d’une conférence organisée dans le cadre de l’édition 2016 des journées du parrain du Centre hospitalier régional de Kaolack, qui se tiennent du 13 au 16 avril.

Pour le Professeur Abdoul Kane, ce problème de fiabilité noté parfois dans le diagnostic de l’hypertension est lié à l’usage exclusif du tensiomètre à brassard unique par nos soignants, dès qu’il s’agit de mesurer la pression artérielle des patients.
"Nos médecins, ou les sages-femmes utilisent ces tensiomètres en espérant qu’ils sont en bon état pour mesurer eux-mêmes dans leurs cabinets la tension des patients, alors que ce qui est préconisé actuellement, c’est de laisser le patient, après formation, prendre lui-même sa pression artérielle pour plus de fiabilité’’, a expliqué le Professeur Kane.

Il estime qu’il faut privilégier chez les patients la pratique de l’auto- mesure, c’est-à-dire former le patient à ce qu’il puisse lui-même, au repos, prendre sa tension, ceci pour éviter de développer chez certains patients la peur de la présence d’une blouse blanche au moment de la prise.

Il a expliqué que l’auto-mesure consiste à mesurer soit même au repos sa pression artérielle, trois fois le matin, trois fois le soir, et durant trois jours successifs, d’où la notion de la règle 3.

‘’Ce diagnostic sera ensuite confirmé par un médecin pour déceler si le sujet et hypertendu ou non’’, a-t-il précisé.

‘’Donc, ce que nous faisons tous dans nos cabinets, c’est-à-dire mesurer la pression artérielle avec nos tensiomètres en espérant qu’ils sont bons n’est pas du tout fiable pour dire qu’une personne est hypertendue’’, a-t-il souligné, rappelant que la prise de la pression artérielle est une technique très rigoureuse.

‘’Le médecin ou le soignant, en mesurant la pression artérielle d’un patient et conclure qu’il est hypertendu, et bien sachez que vous avez tort, car il y a certains patients qui augmentent sensiblement leur pression par une tachycardie dès qu’ils sont en face d’un médecin.’’

Pour établir un bon diagnostic de l’hypertension artérielle d’un sujet, dit-il, il faut privilégier la technique de l’auto-mesure à domicile, en lieu et place du bon vieux tensiomètre à brassard unique du docteur.

‘’On peut aussi utiliser pour plus de fiabilité la mesure ambulatoire de la pression artérielle, qui est un outil informatisé qui permet de prendre la pression artérielle’’, a ajouté le professeur Kane.

Pour le chef du service de cardiologie de l’hôpital régional El Hadj Ibrahima Niass, Souleymane Thiam, ce manque de fiabilité dans la prise de la pression artérielle des sujets est dû aussi à un problème de formation des soignants sur la technique de prise de la pression artérielle avec les tensiomètres.
 
Donc, il se pose parfois un problème de formation chez certains soignants, même si il est vrai que beaucoup d’efforts sont entrepris pour renforcer la capacité du personnel soignant’’.

M. Thiam a suggéré de doter les structures sanitaires de tensiomètres à multi-brassards qui, selon lui, sont plus fiables que les tensiomètres à brassard unique.

‘’Nous avons fait la demande pour avoir ces tensiomètres multi-brassards mais la requête n’est pas encore satisfaite’’, a-t-il ajouté.

Ouverte mercredi, la quatrième édition des journées du parrain de l’hôpital régional de Kaolack se poursuivra jusqu’à samedi.

AB/ASG

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APS

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