Dialègne à Kaolack : Des habitations bâties sur les tannes

Jadis un seul quartier, Dialègne est subdivisé en deux secteurs (Nord et Ouest). Dans toute la zone, la presque totalité des habitations ont été bâties sur des tannes. En cette période d’hivernage, il se pose un réel problème d’hygiène dans cette zone du fait des eaux usées des fosses sceptiques déversées dans les rues.

Un des plus grands quartiers de la ville de Kaolack, Dialègne est traversé par l’avenue qui mène vers Médina Baye, un des bastions religieux de la capitale du Saloum. Aujourd’hui, c’est cette avenue qui sépare les deux secteurs (Dialègne Nord et Dialègne Ouest) qui, jadis, ont constitué un seul quartier. Dans cette zone, les habitations ont été bâties sur des tannes. Et comme conséquence, pendant la période d’hivernage, les populations sont confrontées à un problème lié aux eaux stagnantes.

La particularité de la zone est que les gens profitent de la pluie pour déverser  les eaux usées des fosses sceptiques dans les rues. Selon un des deux délègués de quartier, Ndiaga Loum, la plupart des populations n’ont pas les moyens de débourser 30.000 FCfa pour une seule opération de vidange. Cette situation fait qu’il se pose ainsi un réel problème d’hygiène. Quelques canalisations sont visibles. Mais le problème est que les déchets de toutes sortes déversés dans ces canalisations rendent parfois difficile la circulation des eaux vers la mer.

Le ramassage des ordures constitue également un autre problème. Beaucoup de gens à revenus faibles n’ont pas les moyens de payer les charretiers chargés du ramassage des ordures regroupés au sein du comité de développement du quartier. Payer 750 FCfa n’est pas à la portée de tout un chacun.

Pour la petite histoire, le point de départ de Dialègne est le site qui abrite le foirail. En lieu et place, il y avait un grand verger dont le propriétaire était feu Mame Ndiawar Dièye. Puis, d’autres comme Khale Abdou Kane sont venus le rejoindre sur ce site pour y créer des vergers. C’est après que les premiers habitants sont venus s’installer dans cette zone composée en grande partie de tannes. Mais, de l’avis de Ndiaga Loum, ces quelques familles n’ont pas résidé plus d’un an dans ce site parce qu’ils ont soutenu que les lieux étaient hantés. Ainsi, ils quittèrent pour d’autres cieux. Et notre interlocuteur de confier que « les quelques familles qui sont venues après se sont installées définitivement. « Mais il a fallu qu’un des leurs, le nommé Serigne Koki Gaye, un érudit de l’Islam, rende les lieux vivables après des actions sur le plan mystique », a-t-il laissé entendre.

C’est après que beaucoup de gens ont eu le courage de venir s’installer là-bas. Ndiaga Loum a expliqué que ceux qui ont choisi ce site disaient en Ouolof : «  Gneuwe na Dialègne ». Ce qui veut tout simplement qu’ils soient venus s’installer définitivement sur ce site. On donna ainsi à ce quartier le nom « Dialègne ». Il est limité par d’autres quartiers comme Léona, Kanda, Kasnack, Médina Baye. Cette zone dispose de moult infrastructures, notamment un collège d’enseignement moyen, un bloc scientifique, une école primaire, un poste de santé, une garderie d’enfants. Il y a aussi des activités de toutes sortes dans le secteur informel. Un tour au collège de proximité nous a permis de constater que les lieux sont  insalubres du fait des eaux stagnantes.

Ce collège porte le nom de Tafsir Mouhamadou Mignane Sarr qui fut chef de quartier de Dialègne et un très proche du grand érudit de l’Islam Baye Niasse. Construit en 1963, ce collège compte 14 salles physiques et 24 classes pédagogiques. Trouvé dans son bureau, le principal du collège, Adama Sène, a plaidé pour la construction de nouvelles salles de classe dans cet établissement dont les bâtiments méritent bien un coup de jeune. A cause de sa position centrale et ses bons résultats, ce collège accueille les élèves issus des quartiers de Léona, Médina, Abattoirs, Ndangane, Ndargoundaw, Dialègne. Pour rendre les locaux salubres avant l’ouverture de l’année scolaire, il compte faire appel aux associations sportives et culturelles. Et pour la désinfection, il va solliciter le service de l’hygiène.

Oumar  Ngatty BA
 

Source: 
Le Soleil

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Kaolack Tags