Guédel Mbodj, promoteur culturel : « Le Fest’rire de Kaolack a acquis une nouvelle dimension »

Après trois ans de pause, le Festival de théâtre et du rire de Kaolack (Fest’rire) a repris de plus belle. Initiateur de la manifestation, le promoteur culturel Guédel Mbodj, en partenariat avec l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) est revenu sur les raisons de ce sevrage humoristique et les nouvelles ambitions de ce rendez-vous régional ouest africain du rire et de la bonne humeur.

Après trois ans d’arrêt, le « Fest’rire » est revenu dans l’agenda culturel national. Peut-on savoir les raisons de cette pause forcée pour le public ?
« En fait, il s’est agi de raisons personnelles et, pour tout vous avouer, de problèmes de santé me concernant. Au départ, l’idée était d’accompagner l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) pour pérenniser ce festival unique dans son genre autant au niveau national que dans la sous-région ouest africaine. Malheureusement, c’est un manquement de ma part car les artistes comédiens n’ont pas nécessairement une vocation de manager culturel, ce qui a expliqué qu’avec des soucis de santé personnels, il n’y a pas eu la relève attendue pour me suppléer dans ce sens. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et après trois ans de pause, l’événement a repris sa place dans l’agenda culturel national.

Quelles sont les innovations majeures apportées à la 11ème édition, qui s’est déroulée du 14 au 17 avril ?

Un certain nombre d’innovations ont été apportées au Fest’rire pour relever le niveau de cet événement culturel marquant de la région de Kaolack. Il s’agit d’abord de renforcer sa dimension internationale à travers la présence, lors de cette édition, de comédiens camerounais, ivoiriens, gambiens et même d’un Italien qui a tenu à participer à ce rendez-vous de l’humour. Ensuite, l’abandon du format uniformisé avec des spectacles regroupés au sein d’une enceinte unique. Pour la 11ème édition, des délocalisations ont été effectuées sur des scènes au terrain Deggo et sur une bâche aménagées au quartier Léona en dehors de l’esplanade Salif Bâ au complexe « Cœur de ville » de Kaolack. Enfin, il y a eu, cette année, l’organisation de compétions de régates sur le fleuve Saloum et de « Tanebeer » avec les grands tambours majors de la ville pour donner un cachet plus populaire à cette manifestation. Ce qui nous fait dire que le Fest’rire de Kaolack a acquis une nouvelle dimension avec cette 11ème édition.

Dans le passé, vous avez eu à déplorer l’absence d’implication des autorités locales dans l’organisation de ce festival. Est-ce qu’avec ce nouveau départ, les choses ont évolué favorablement ?
Absolument pas, rien n’a bougé à ce niveau. Mais pour ma part, je ne me suis pas fait d’illusions, il s’agit d’une initiative personnelle en partenariat avec les membres de l’Arcots. L’idéal serait d’avoir l’accompagnement des autorités à la fois administrative que politique mais vous l’avez vu, l’ouverture s’est déroulée en l’absence des officiels, ce que les artistes comédiens ont du reste déploré unanimement. Au total, il n’est pas utile de pleurer sur notre sort. Nous avons eu l’initiative, il nous appartient d’assumer le choix de positionner ce festival à Kaolack pour donner à cette cité historique la visibilité culturelle qu’il faut. A cet égard, je vous signale que le président de la République qui a honoré, à travers ma personne, l’ensemble des membres de l’Arcots en me faisant ambassadeur itinérant, a pratiquement validé la construction d’un grande salle de spectacle à Kaolack et celle d’un grand marché provisoire pour loger les commerçants victimes d’incendies récurrentes. Ces deux projets participent à donner à la capitale du Saloum son rayonnement culturel et historique au niveau de la sous-région.

L’organisation de cette 11ème édition du Fest’rire s’est tenue au lendemain de votre désignation au titre de Bour Saloum. Qu’est-ce que cette nouvelle casquette va-elle apporter au festival ?
Cela participe de la renaissance culturelle du Saloum. Nous allons pouvoir nous investir davantage pour cette cause, qui est sa vocation naturelle, la hisser à un niveau tel que Kaolack puisse être la capitale culturelle du Sénégal. Les deux projets précités (la salle de spectacle et le grand marché) vont, je l’espère, y contribuer. Sans compter qu’avec notre titre d’ambassadeur itinérant, nous allons nous évertuer à accompagner son excellence le président de la République dans son ambition d’un Kaolack émergent à travers la salle de spectacle, le marché de 700 places et l’esplanade de la mosquée de Médina Baye dans le cadre de la promotion du tourisme religieux dans le Saloum.

Propos recueillis par Elimane FALL
 

Auteur: 
Elimane FALL
Source: 
Le Soleil

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