Impact des coupures d’électricité : En 2011, les Pme ont perdu 20% de leur productivité

Une étude intitulée : « Le coût de productivité des coupures d’électricité pour les petites et moyennes entreprises (Pme) » a montré que ces coupures ont eu un « effet négatif » sur la productivité des Pme.

Entre 2010 et 2012, le Sénégal a connu de longues coupures d’électricité. Celles-ci ont eu un impact négatif sur la productivité des Petites et moyennes entreprises (Pme), selon une étude réalisée par l’économiste Lassana Cissokho, enseignant-chercheur à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Les résultats de l’enquête ont été partagés, avant-hier, lors d’un séminaire de restitution organisé par le Centre de recherches économiques appliquées (Crea).

L’enseignant-chercheur a tiré, principalement, ces données d’une enquête des entreprises au Sénégal qui a été réalisée en 2013 et d’autres enquêtes sur le climat de l’investissement et l’environnement des affaires de la Banque mondiale (2007 et 2014). L’échantillon a porté sur 528 Pme dans les régions de Dakar, Thiès, Saint-Louis et Kaolack et qui s’activent dans divers domaines. Ces quatre régions concentrent plus de 90 % du total des entreprises sénégalaises. 2011, l’année de référence de l’enquête.

D’après l’étude, 57,6 % des Pme interrogées ont identifié « l’électricité comme une préoccupation majeure ». 41 % ont même indiqué que « la production s’arrêtaient pendant les périodes de coupures d’électricité » et 96 % ont répondu qu’elles payent les salaires des travailleurs en période de coupures d’électricité. Toutefois, Lassana Cissokho note, dans son étude, que les Pme ont déclaré perdre, en moyenne, « 4,8 % de leurs ventes totales en raison de coupures d’électricité ».

Pour les entreprises manufacturières, les pertes sont allées jusqu’à 6 %. Pour l’année 2011, les pertes nettes de productivité des Pme ont même atteint 20 %. L’étude souligne que la situation aurait pu être plus grave si les entreprises n’avaient pas pris des mesures pour faire face à ces longues coupures. Parmi ces dernières, il y avait l’utilisation, par les Pme qui avaient plus de moyens, de groupes électrogènes pour continuer la production en cas de coupure.  D’autres avaient loué des générateurs. « Les résultats de l’étude montrent que posséder un générateur a un effet positif sur la productivité ; et en ce qui concerne les manufactures, les entreprises avec des générateurs ont réussi à contrer efficacement les nuisances causées par les coupures  d’électricité », rapporte l’auteur de l’étude. Entre 2011 et 2012, les Pme ont subi mensuellement 26 coupures et chacune a duré en moyenne 2 heures.
En plus, à cause des coupures d’électricité, 47,4 % des Pme ont connu des retards de livraison auprès de leurs fournisseurs tandis que d’autres Pme ont signalé des « retards de livraison à leurs clients ». « L’incertitude créée par ces problèmes pourrait avoir des ramifications directement liées à la dynamique des entreprises en termes de plus d’investissement en capital et/ou d’embauche de plus de travailleurs. Par exemple, 43,1 % et 55,2 % des Pme déclarent que leurs décisions d’embauche et d’investissement respectivement sont affectées par des coupures d’électricité. Les entreprises manufacturières et de construction sont les plus touchées ; par exemple 68,7 % et 63,3 % respectivement déclarant que leurs décisions d’investissements sont affectées par des coupures d’électricité », rapporte l’étude.

Aliou Ngamby NDIAYE

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Le Soleil

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