Journées Valdiodio NDIAYE 2017

 

Journées      

Valdiodio NDIAYE

 

Le parrain

 

              

La  marraine

                                                                                    

 

Qui est Valdiodio NDIAYE ?

 

 

DATE DE NAISSANCE : 7 avril 1923                                          

LIEU DE  NAISSANCE : DIAGNEL à 10 km de Kaolack

Fils de Sabalanghar NDIAYE et de la linguère Sira MBODJI

DATE ET LIEU DE DECES : 05 mai 1984 à Dakar

INHUME : le 06 Mai 1984 au cimetière de Léona- KAOLACK

SITUATION DE FAMILLE : Marié et père de Cinq enfants

ETUDES : Etudes secondaires lycée Faidherbe de Saint – Louis 1937 ; Facultés de Droit de l’Université de Montpellier 1946 – 1948

DIPLÔMES : Baccalauréat complet en 1943(Candidat libre et major de sa promotion) ; licence en droit ; Diplôme de droit privé en juin 1947 et Droit public en mars 1948 ; doctorat en droit de la Faculté de Montpellier en 1951

CARRIERE PROFESSIONNELLE : Avocat défenseur, Président de la section sénégalaise des villes jumelées et vice-président de la fédération Mondiale des villes jumelées

VIE POLITIQUE ET SYNDICALE :  Conseiller Territorial du BDS de Kaolack le 30 mars 1952, réélu le 31 mars 1957 devient député UPS à l’Assemblée constituante le 25 novembre 1958 réélu député UPS de la 16ème circonscription à  l’Assemblée législative devenue Assemblée nationale le 22 mars 1959 ; Ministre de l’intérieur le 18 mai 1957 charge de la défense du 20 août 1960 au 13 mai 1961 Ministre de l’intérieur de Fédération du Mali a prononcé le discours adresse au Général De Gaule à la veille du Référendum  en AOUT  1958 ;  

Président du bureau provisoire de l’UCAVJ le 8 avril 1961 ; secrétaire général de l’UPS du 22 féveier1959 au 6 février 1962, puis secrétaire à l’organisation de l’UPS à partir du 6 février 1962 ; maire de Kaolack le 15 mai 1960 ;Ministre de l’Intérieur et de la Défense, Ministre de l’Education et de l’information, Ministre des finances , Gouverneur au FMI, Président du Comité monétaire national et administrateur à la Banque centrale.

Il est le père de la première réforme territoriale du Sénégal. il a été impliqué dans la tentative de coup d’état en  1962 et condamné en mai 1963 pour 20 ans de détention. Il sera libéré avant terme le 27 mars 1974. Après sa libération, il ouvre une étude d’avocat à Dakar, il participe à la fondation du M.D.P (Mouvement démocratique populaire) en 1981 avec Mamadou DIA. Il quitte DIA pour regagner le parti Socialiste en Février 1983, au cours de la campagne électorale au Sine Saloum, il apporte son soutien au chef de l’Etat Abdou DIOUF lors du meeting de Kaolack en 1983

  • Parrain de l’ex-lycée Gaston Berger de KAOLACK  ( à l’époque le plus grand lycée d’Afrique avec environ 8 000 élèves)
  • Le 5 Mai est la journée Valdiodio NDIAYE qui est célébrée par la Communauté éducative du lycée, l’Amicale des anciens du lycée, Famille et amis de Valdiodio…
  • Le Wali (diminutif de Valdiodio) est le titre qui est donné au meilleur élève du lycée.
  • Le Wali d’honneur est un diplôme qui récompense les partenaires du lycée
  • La médaille Valdiodio récompense les partenaire

APERCU HISTORIQUE   DU LYCEE

Le 8 Novembre 1958 le collège classique et moderne de Kaolack ouvrit ses portes dans les locaux du jardin d’essai de Kaolack .Le firmament éducatif du Sine Saloum du Sine Saloum venait de s’enrichir d’une étoile qui allait briller de mille feux. Son premier directeur Monsieur Amadou Lamine guida les premiers pas de l’établissement en lui imposant une rigueur morale, un goût du travail, une discipline sans faille et un esprit civique

En Octobre 1960, ce collège devint le lycée de Kaolack, en 1963 fut baptisé lycée Gaston Berger et 1984, rebaptisé lycée Valdiodio NDIAYE.

De 1958 à 1970 l’ancien lycée(les CEM Valdiodio 1 et CEM 2)  et l’actuel CEM Djim Momar GUEYE  abritaient les locaux  pédagogiques du lycée. A partir de 1973, l’inauguration du nouveau   lycée améliora de façon remarquable les conditions de travail dans cet établissement scolaire

Le lycée se situe  à TABAGNOYE, quartier sis au centre Nord de KAOLACK, sur la route de GOSSAS. Il est limité au Nord par le quartier de SAHM, au sud  par le Boulevard Emile BADIANE (Niary  talli), à l’est par le quartier de TABANGOYE et à l’ouest par le quartier de TOUBA -NDORONG.

Le complexe Valdiodio NDIAYE occupe une superficie de 20 h et abrite : un lycée, deux (2) CEM, un BST, un Franco-arabe et un CRETE

Deux anciens du lycée

Le lycée Valdiodio NDIAYE à l’honneur : Le Président de la République Macky SALL (promotion 1982) décoré des insignes de Grand Maître de l’Ordre National du Lion, par le Général Amadou Tidiane DIA (promotion 1958) Grand Chancelier de l’Ordre, le 2 avril 2012.

 

Les Proviseurs



Dénomination



Proviseurs


période


Collège moderne et classique

(1958-1960)

 

lycée de KAOLACK

(1960- 1963)

Lycée Gaston Berger

(1963- 1984)

 

lycée Valdiodio NDIAYE

( à partir de 1984)


1


Amadou Lamine              DIOP


1958-1965


2


Ismaïla                              MBAYE


1965-1970


3


Abdel Kader                    FALL


1970-1973


4


Mbaye                             THIAM


1973-1976


5


Pierre                               BASSE


1976-1977


6


Mamadou                       DIOP


1977-1984


7


Djibril                               MBENGUE


1984-2005


8


Mamadou Abdoulaye   SYLLA


2005-2008


9


Momar                            FAYE


2008-212


10


Mbaye                             THIAM


2012-2017

 

Les censeurs


1


Georges                     KULLAGA


1958-1973


2


Issa                             SENE


1973-1980


3


Makhone                   DIAW


1980-1991


4


Séga                           TOURE


1991-1998


5


Momar                      FAYE


1998-2006


6


Amadou                    NDIAYE


2006-2008


7


Abdourahmane       DIOP


2008- 2011


8


Mbagnick                 DIOUF


2011- 2015


9


Ousseynou              CAMARA


 Depuis Octobre 2015-

 

Etat  actuel  des Personnels

  • 1-Proviseur
  • 1-Censeur
  • 1-Intendant
  • 1-Comptable des matières
  • 1-Assistante sociale
  • Secrétaires : 2  (Prestataires)
  • Bureau des examens : 2
  • Salle informatique :2 ( dont un informaticien-mécanographe qui est  prestataire)
  • Archives :                  2
  • Bibliothèque :          3
  • Infirmerie :               2 (dont une assistante prestataire)
  • Surveillants :            24
  • Professeurs :           120
  • Veilleurs de nuit ;   2 (Prestataires)
  • ASP :                         4 (affectés  au lycée par le Préfet)
  • Balayeurs :              4 (prestataires)
  • Service d’entretien : 1 (prestataire)
  • Concierge : 1 (prestataire)

Palmarès 2017

Cour royale

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La cour royale regroupe les meilleurs élèves du club de l’excellence (élèves ayant une moyenne supérieure ou égale à 15/20)

-         Le Wali (Meilleur élève des classes de Terminale)

                         Ibrahima Kindy DIALLO , élève en classe de  TS2 F

-         La   Linguère  ( La fille ayant obtenu les meilleurs résultats)

                         Adja Rokhaya  NIANG , elève en classe 2nd So 5

-         Le  jaraaf ( Meilleur élève des classes de Première)

                         Abdou Khady   BITEYE, élève en classe de 1er L2 G

-         le farba ( Meilleur élève des classes de  Seconde)

              Adja Rokhaya  NIANG, elève en classe 2nd So 5

 

Palmarès 2017

Classes de Terminale (17 prix)



Félicitations


 


Prénoms


NOM


Naissance


Classe


1


Ibrahima Kindy


DIALLO


29/07/1999 à Sinthiang Falaye


TS2 F


2


Abdou Lahat


NDIAYE


25/03/1998   à Kaolack


TS1


3


Baye


BITEYE


04/03/1999 à Kossy Mbitéyène


TS1


4


El hadji


DIAGNE


05/03/1997 à   Kébé Ansou


TS2 F


5


Marie Pierre


FALL


14/04/1999 à Kaolack


TL2 G


 


Encouragements


1


Ousseynou


THIAM


01/02/97   à  Ndiedieng


TS2 E


2


Ibrahima


CAMARA


10/09/1996  à Kaolack


TS2D


3


Elhadji Karaw


NIASS


10/03 /1997 à Taïba Niassène


TS2 E


4


Awa


FALL


11/01/1998  aux Parcelles


TS2 A


5


Fatoumata


FAYE


31/10/1998  à Dakar


TL2 E


6


Adja Coumba


GUEYE


26/10/1995 à  Diourbel


TS2 E


7


Aissatou


THIAM


08/10/1997 à  Kaolack


TS2 E


8


Hawa


DRAME


22/01/1998 à Dakar


TL2 E


9


Cheikh Faty


THIAM


03/02/1998 à Kossy Mbitéyène


TS2 C


10


Maty


KEBE


12/09/1997  à Kaolack


TS2 F


11


Mouhamed


DIOP


12/03/ 1997 à Kaolack


TL2 E


12


Awa


BITEYE


10/10/1998  à Wack Ngouna


 

 

Classes de Première   (16)




Félicitations


 


Prénoms


NOM


naissance


classe


1


Abdou   Khady


BITEYE


11/09/1999 à   Kaolack


1er L2G


2


Fatou


THIOUB


16/12/1997   à   Kaolack


1er S2 G


3


Ibrahima


DIALLO


13/05/2000    à Ségré Gatta


1er S2G


4


Serigne Fallou


LO


01/08/ 2000 à Kaolack


1er L2 E


 


Encouragements


1


Amadou Waly


DIOUF


17/10/1999   à Kaolack


1er S 1


2


Seydina Ousmane


NIANG


08/09/1998 à Kaolack


1er S 1


3


Mouhamadou Ibrahima


SECK


11/09/2000 à Kaolack


1er S2 F


4


Ousseynou


SOKHNA


01/01/1999   à Kaolack


1er S 1


5


Mor Talla


TOURE


16/01/2000 à Kaolack


1er S 1


6


Mouhamadou


DIOP


26/03/1999  à Kaolack


1er S2 A


7


Babacar


BADIANE


12 /02/1999  à  Guinguinéo


1er S2 D


8


Fatou


SENE


10/10 /2000 à  Dakar


1er S2 E


9


Ndèye Arame


NIANG


22 /07/1999  à  Kaolack


1er S2G


10


Fatoumata Zahra


SYLLA


25/07/1999  KAOLACK


1er S2 G


11


Mame   Awa


DIAGNE


05/02/1998 à Kaolack


1er L2 A


12


Ousseynou


KANE


09 /12/1999   à Bignona


1er L2 A

 

Palmarès 2017

Classes de Seconde ( 16 prix)


Félicitations


 


Prénoms


NOM


naissance


classe


1


Aja Rokhaya


NIANG


03 /01/ 2000 à Kaolack


2nd So 5


2


El hadji Abdoulaye


THIAM


13 /01/2001 à KAOLACK


2nd So 7


3


Abdou Mayib


BA


06/09/1999 KAOLACK


2nd S°1


4


Mouhamadou Rida


DIALLO


11/06/99  KAOLCK


2nd So3


5


Barakatou


CISSE


27/09/98 KAOLACK


2nd S°3


6


Mame Amy


TOURE


19/12/2000 KAOLACK


2nd S°5


7


Mouhamed


YATE


12/08/1999  KAFFRINE


2nd S°7


8


Seynabou  Cissé


NDONG


26/06/2001 PASSY


2nd S°8


9


Mouhamadou Moustapha


NDIAYE


11/01/1999 à Mbadakhoune


2nd S02


10


Ndèye Fatou


TOURE


07/01/2000 à KAOLACK


2nd So9


 


Encouragements


1


Tamsir


DIOP


25/05/2000  Ndiobène


2nd So 3


2


Mor


DIAW


13/12/2000 à Keur Yoro khodia


2nd So 8


3


Mohamed Akhibou


NIANG


02 /03/2000 KL


2nd So 3


4


Ngoné


DIENG


27 /09/97KL


2nd Lo 1


5


Aliou


TOP


10/04/2000 KL


2nd Lo 1


6


Ndèye  Aminata


FALL


20/03/2001  KL


2nd Lo 11

Prix spéciaux (7)

-          Khadim TINE né le 11 /08/1995 à Kaolack   CLASSE / TL’1 C  pour contribution aux œuvres sociales

-       Mame Diarra SOW, capitaine des majorettes   pour  contribution au rayonnement culturel du lycée Valdiodio NDIAYE                                         

-          A la TL2 J pour avoir remporté la coupe de l’intégration

-          Joséphine Christine  PREIRA  Née le 13 Avril 1997 à KAOLACK : Vice-championne  d’Afrique (Karaté- Junior )   

 -          Seynabou CISSE  NDONG née le 20 Juin 2001 à PASSY 

             Dauphine du concours de  Miss Sciences

-          Aïcha BAKHAYOKHA née le 10 Octobre 1999 à KAOLACK.

             Prix du civisme  

-          Mouhamed KOUNDOUL,  né le 29 Mai  1996 à KAOLACK en classe de 1er L’1 K , 

          Modèle d’intégration sociale

 

Description des infrastructures

Les locaux de l’Administration

 


STRUCTURES


CONFIGURATION


ETAT DES LIEUX


Observations


Direction


Rez de chaussée

-Bureau du Proviseur

-Secrétariat du Proviseur

-Bureau du Censeur

-Secrétariat du Censeur

-Salle des Professeurs

-Salle informatique

Etage

-logement du Proviseur :                       3 chambres à coucher +un sallon+2 WC+ une cuisine


 


Réhabilitation générale


Ex-logement du Censeur


-Bureau de l’Intendant

-Bureau des examens

-Bureau Assistante sociale

-Salle PASCH

-Salle  HG

1 WC


 


Réhabilitation générale


intendance


-Comptable des matières

-Magasin

- Foyer des élèves

-Bibliothèque

-Salle de qualité

-Pool régional des formateurs


Fermé depuis le 15 / 10 /2015 par décision du Préfet après mission de la Commission de Protection civile


Réhabilitation générale


Concierge


-          Chambre du concierge

-          Salle de tirage


 


Réhabilitation générale

 

Bâtiments pédagogiques


STRUCTURES


CONFIGURATION


Nbre d’élèves


Moyenne par classe


Bâtiment A

réhabilité par la DCS/MEN


Rez de chaussée

-          Bureau des surveillants

-          Labo  PC

-          Amphithéâtre (70 places)

-          1 salle de 30 élèves

 


 

ce bâtiment regroupe les classes de 2nd L(715) élèves)

 

 


 

         65


Etage : 6 salles de 50 places


Bâtiment B


Rez de chaussée

-          Bureau des surveillants

-          Labo   SVT

-          Amphithéâtre (70 places)

-          1 salle de 30 élèves

 


ce bâtiment regroupe les classes de 1er L(580   élèves)

 

 


   1er L’ :67,85

 

   1er L2 :52,5


Etage : 6 salles de 50 places


 


Bâtiment C

 


Rez de chaussée

-          Bureau des surveillants

-          4 salles

 


Ce bâtiment et les 2 salles du bloc D regroupent les classes de TL (862 élèves)

 


    TL’1 : 66,8

 

    TL2 : 66,66


Etage : 6 salles de 50 places


Bâtiment D

 

Réhabilité par le Conseil  départemental pour un coût de 20 Millions du PNDL


Rez de chaussée

-          Salle EPS

-          Infirmerie

-          Chambre de passage

-          Service des archives

-          2 salles de cours (50)


 

Au 1er étage, les 1er S (388 élèves)

 

 

Au 2é étage, les TS (421 élèves)


    1er S1 :52

 

   1er S2 : 48

 

   TS1 :  20

 

  TS2 :57,28


1er étage : 7 salles de cours (50)+ 2 box des surveillants

2é étage : salles de cours + 2 box pour surveillants


Bâtiment E

Réhabilité par la

SONATEL et l’Amicale des anciens du lycée


 

10 salles en tôles bac zinc

 


ce bâtiment regroupe les classes de 2nd S (529 élèves)


      52,9


mur de clôture


Réhabilité par  Mme Aminata TOURE,  Envoyée spéciale du Président de République et Mme Woly DIAO SENE   pour un montant de 10 Millions.


Terrains de sport


   Réhabilitation par le Conseil départemental et le Crédit Mutuel pour un montant

de 5 200 000 Francs.

 

Allocution prononcée à Dakar le 26 août 1958 par maître Valdiodio N'DIAYE, Ministre de l'intérieur et de l'information représentant M. Le Président du Conseil de Gouvernement du Sénégal

Monsieur le Président, 

Monsieur le Sénateur- Maire de Dakar vient de vous adresser au nom de la ville qui vous a accueilli aujourd’hui, et avec toute l’autorité qui s’attache à sa double qualité de premier Magistrat Municipal et le doyen des hommes politiques sénégalais, des paroles de bienvenue auxquelles veut d’abord s’associer le Conseil de Gouvernement du Sénégal, dont je suis aujourd’hui l’interprète en l’absence de M. le Président Mamadou Dia retenu en Suisse par une cure que ses médecins lui ont déconseillé d’interrompre. Pour la Ville de Dakar, et pour le Sénégal tout entier, votre visite a trop de sens et répond à trop de préoccupations pour que nous puissions simplement nous réjouir de recevoir un hôte illustre, nous féliciter de l’honneur qui nous est fait et vous remercier d’être venu personnellement nous exposer vos projets.

 Le Peuple d’Afrique, comme celui de France, vit en effet des heures qu’il sait décisives, et s’interroge sur le choix qu’il est appelé à faire. Dans un mois, le suffrage populaire, par la signification que vous avez voulu donner à sa réponse Outre-Mer, déterminera l’avenir des rapports Franco-africains. A la veille d’une telle consultation, sur un tel objet, vous n’avez pas craint d’entreprendre pour nous informer et pour vous informer un voyage long et exténuant. Une telle initiative a d’autant plus de prix que votre temps est mesuré et nos climats incléments.

Aussi, pensons-nous que le meilleur témoignage que nous puissions vous rendre est de nous imposer à nous-mêmes le devoir de vous donner ici, du haut d’une tribune suffisamment sonore, en toute franchise et en toute clarté, sans passion mais sans équivoque, notre position à l’égard des grands problèmes qui se posent à nous. Ainsi, lorsque vous quitterez demain Dakar pour regagner Paris, nous saurons mieux, les uns et les autres quelles sont les aspirations de ce pays, et les données du choix qui nous est proposé. Ainsi, pourrons- nous, pendant le peu de temps qui nous sépare du jour où sera annoncée la version définitive du projet constitutionnel, procéder aux ultimes mises aux points et préparer les dernières décisions.

Le programme et les revendications du Gouvernement du Sénégal, si elles doivent être rappelées, ne devraient cependant pas surprendre, car elles ne sont pas nouvelles. Par des vœux unanimes et répétés, le Conseil de Gouvernement et l’Assemblée territoriale du Sénégal, expressions authentiques de la volonté populaire, n’ont pas manqué de faire connaître les grandes lignes et les détails des réformes qu’ils jugeaient immédiatement nécessaires. Leurs revendications essentielles, leurs appels les plus pressants n’ont alors reçu aucune réponse.

C’est alors que le Congrès de Cotonou s’est réuni et a défini la doctrine et le programme du parti du Regroupement africain auxquels appartiennent, je dois le rappeler, tous les Parlementaires du Sénégal, tous les Conseillers de son Assemblée territoriale, tous les Ministres de son Gouvernement. Il ne peut donc y avoir aucune hésitation.

La politique du Sénégal, clairement définie, s’est fixée trois objectifs qui sont, dans l’ordre où elle veut les atteindre :

- L’Indépendance - L’unité africaine - Et la confédération.

C’est dire, et nous ne devons pas nous le dissimuler, que ce que nous avons pu jusqu’ici savoir des avants projets constitutionnels ne nous laisse pas sans inquiétude, ni même sans angoisse, en raison des malentendus qu’ils permettent, et des fausses alternatives qu’ils semblent imposer. Nous disons Indépendance d’abord, mais en nous fixant ce préalable nous ne faisons qu’interpréter l’aspiration profonde de tous les peuples d’Afrique Noire à la reconnaissance de leur personnalité et de leur existence nationale.

L’Indépendance est un préalable. Elle n’est pas une fin en soi. Elle n’est pas un idéal en elle-même, mais pour ce qu’elle rend possible. Elle ne véhicule pas une volonté de succession. Elle ne recèle aucune intention d’isolement ni de repliement sur soi. C’est pourquoi, le dilemme Fédération ou succession nous paraît un faux dilemme et qu’à cet égard notre réponse court le risque de recevoir arbitrairement une interprétation qu’elle n’implique naturellement pas.

Je peux, et j’ai même le devoir de déclarer que demain tous les Oui ne comporteront pas une renonciation délibérée à l’Indépendance et que tous les Non ne traduiront pas une volonté de rupture complète. Il y a là une possibilité de malentendu, aussi grave dans l’un ou l’autre cas. Il serait également contraire au droit et à l’équité de considérer comme en état de succession le territoire qui fait aujourd’hui partie intégrante de la République et qui demain voterait Non, alors que la Constitution offre à des Etats aujourd’hui étrangers à la République d’entrer avec elle dans une Association des peuples libres.

A tout le moins, cette dernière possibilité, que les avants projets semblent refuser aux Territoires d’Outre-Mer devrait-elle leur être ouverte. Nous disons Indépendance, et nous disons ensuite Unité africaine. Si l’Indépendance que nous voulons n’est pas la sécession, elle n’est pas davantage l’indépendance dans le cadre de chaque territoire, la rupture de toutes les solidarités fédérales existantes, le repliement à l’intérieur de frontières dont nous avons jamais cessé de dénoncer le caractère artificiel.

Aussi, les avants projets dont nous avons eu connaissance, et qui ne semblent vouloir envisager l’avenir des pays d’Outre-Mer que Territoire par Territoire, comportent-ils un grave danger : celui de briser les unités fédérales d’Afrique occidentale et d’Afrique équatoriale dans l’hypothèse où tous les territoires n’apporteraient pas la même réponse le 28 septembre.

Certes ils ont également prévu que les Territoires ainsi dissociés pourraient, par le choix de leurs Assemblées territoriales, se grouper ou non entre eux en fédérations primaires. Mais commencer par briser l’unité de l’AOF, l’unité de l’AEF., qui aujourd’hui nous paraissent non seulement nécessaires, mais encore insuffisantes, ce serait pour l’Afrique un recul d’un demi-siècle alors que tout lui commande d’aller de l’avant. A cet égard, aussi le choix qui nous est proposé n’est donc pas pleinement libre et notre réponse n’aura pas pleinement le sens que vous en attendez. Ou bien nous voterons selon nos seules convictions au risque de retarder la réalisation de l’Unité africaine ou bien nous définirons avec les autres Territoires de la Fédération une position commune, faite de compromis tactiques, et qui laissera dans l’ombre, sans les supprimer, les vrais problèmes. Enfin, au-delà de l’Indépendance et de

l’Unité, le Gouvernement du Sénégal, avec le Congrès de Cotonou, propose la négociation avec la France d’une Confédération multinationale de peuples libres et égaux.

Cette solution nous apparaît comme la seule réaliste et la seule durable parce qu’elle est la seule qui tienne compte à la fois du sentiment national des masses africaines, de leur aspiration à l’unité et de leur volonté d’entrer dans le monde moderne au sein d’un ensemble plus vaste encore. C’est pourquoi, nous regrettons de voir écarter la Confédération, avec toutes les perspectives d’association qu’elle contenait. Car avec quel peuple l’Afrique Indépendante et unie pourrait-elle plus librement et volontairement s’associer qu’avec le peuple de France, qu’elle connaît, et qu’elle aime.

Avec lui elle a non seulement des liens d’interdépendance économique et culturels, mais, encore tout un passé de souvenirs qui dans le meilleur et le pire sont des souvenirs communs. Avec lui elle partage un idéal de liberté et de dignité humaine, une même conception du progrès et de l’avenir du monde. Voilà, Monsieur le Président, quels sont nos buts et quelles sont nos inquiétudes. Nous pensons que certaines perspectives méritaient de n’être pas d’abord écartées, que certaines options devaient être différemment proposées et surtout que les réponses ne pouvaient pas être à priori interprétées au-delà de leur sens le plus immédiat.

Mais nous ne sommes pas non plus sans espoir. Notre espoir se fonde sur le fait qu’en venant ici pour nous informer et pour vous informer, vous avez créé un climat de discussion et avez par là même, tourné le dos à cette nouvelle philosophie de la vieille Europe, qui, si l’on en croit Albert Camus, a répudié le dialogue pour épouser le communiqué. Une Europe qui ne dit plus : "Je pense ainsi ; quelles sont vos objections ?" Mais : "voici ma vérité, peu m’importe que vous la discutiez, l’armée et la police se chargeront d’établir que j’ai raison".

Monsieur le Président, l’étendue des pouvoirs que détient votre Gouvernement vous permet d’apporter, au projet sur lequel les peuples de France et d’Afrique devront se prononcer, tous les aménagements qui, après ce périple africain, vous paraîtraient nécessaires. Nous espérons que vous entendrez nos arguments et que vous pourrez vous en souvenir avant d’arrêter votre décision. Le Gouvernement du Sénégal, pour sa part, ne se prononcera que lorsqu’il aura connaissance du texte définitif.

Très sincèrement il souhaite y trouver la réponse aux préoccupations que j’ai eu, en son nom, le devoir de vous exposer. Très sincèrement il souhaite de pouvoir alors apporter le 28 Septembre, la réponse qui permettrait à la France et à l’Afrique, l’une et l’autre indépendants, de s’associer librement pour affronter ensemble le monde de demain et pour écrire ensemble une nouvelle histoire.   

  Vive l’amitié franco-africaine !

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