Kaolack/ histoire des fameux « NGAANALE MACCA » au Sénégal : Medina baye fait exception

Même s‘ils constituent une nouvelle tradition au Sénégal, les cérémonies souvent organisées pour accueillir des pèlerins venus de la Mecque sont totalement bannies dans le quartier religieux de Médina Baye. Avec tout ce que la Mecque symbolise comme repères ou références dans l’histoire ancienne de la religion musulmane, la famille religieuse de Médina Baye s’est toujours démarquée de cette tradition nouvellement adoptée dans notre pays pour un simple plaisir de regrouper parents, amis et sympathisants autour d’une cérémonie dans laquelle certaines artères de route sont fermées et d’importantes sommes d’argent dépensées pour des cadeaux ou autres repas copieux. Même si dans la plupart des quartiers de Kaolack, ces genres de cérémonie des « NGaanale Macca » se poursuivent encore à tour de rôle partout au sein des concessions abritant un « El Hagj » ou un « Adja », la visite qu’on a effectuée hier dans la cité religieuse de Médina Baye montre une autre facette du comportement d’un musulman fraîchement débarqué des lieux saints. Dans ce quartier où prés d’une centaine de personnes a pris part cette année à ce voyage de recueillements et prières, pas une seule tente érigée ou autre mobilisation humaine ne s’est offert à notre regard. C’était plutôt un calme plat qui y régnait. Les femmes comme d’habitude, en cette pareille heure de la matinée, occupaient déjà les principales ruelles de la cité. Et par petits groupes se croisaient interminablement sur le chemin du marché avec un seau accroché au bras ou posé sur la tête. Sur les places publiques, quelques hommes étaient assis à l’ombre des arbres et échangeaient rarement à cause des prières exercées sur le chapelet. Et visiblement, rien ne pouvait au passage présager l’existence d’une telle pratique dans ce foyer. Pour El Hadji Ibrahima Niasse, un des petits fils de Baye, auquel il porte le nom « A Médina Baye, l’histoire des « Ngaanalé Macca » n’a jamais été le bienvenu dans la famille Niassène de manière générale. De nos ancêtres à savoir Mame Ahmeth Niasse, Mame Aladji Abdoulaye, Mame Baye Niasse en passant par Mame Khalifa Niasse, nous n’avons jamais pratiqué ce genre de tradition. Comme tout un chacun, la personne à son retour de la Mecque est sollicitée par ses parents et amis. Pas pour du folklore, mais surtout pour des prières car on dit souvent que Dieu exhausse toutes les prières des pèlerins pendant les 40 jours qui suivent son Hadj ». Quant à Cheikh Tidiane Bitèye, enseignant en langue Arabe « je suis pas totalement contre la pratique, mais il est aussi recommandé au musulman de poursuivre ses activités dès son retour de la Mecque, de dépenser utilement et d’économiser pour toujours résoudre la sollicitation d’un prochain. Toutefois à Médina Baye ce n’est pas seulement la pratique des « Ngaanalé Macca » qui est rayée de la carte religieuse. Même les cérémonies de 3e, 8e et 40 jours de prières pour un disparu sont encore méconnues de Médina Baye. Des prières pour le repos de l’âme d’un rappelé à Dieu sont certes pratiquées dans la cité, mais on demande toujours à la famille d’un disparu de lui sortir en aumône le plat qu’il préférait le plus durant sa vie pendant une semaine, mais surtout la quantité qui lui suffisait pour un repas » a-t-il précisé.

Auteur: 
Abdoulaye Fall

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