Kaolack - Les 11 présumés homosexuels gardés dans un lieu tenu secret: les minutes d’une journée de combat entre policiers et populations

Arrêtés dans la nuit du 24 au 25 décembre 2015 au lycée Ibrahima Diouf de Kaolack, les onze (11) dont un boucher, un tailleur, un enseignant, un biologiste, ont été déférés hier mais aux dernières nouvelles, ils ont bénéficié d’un retour de parquet. Dès les premières heures de la matinée, les populations ont assailli le commissariat central de Kaolack où ces présumés homosexuels étaient placés en garde-à-vue. Devant le portail du commissariat central et jusqu’aux alentours de l’hôpital El Hadji Ibrahima Niass, une foule immense et excitée tenait coûte que coûte à les voir. Durant des heures, elles ont joué au chat et à la souris avec les policiers pour ne rien rater de cet épisode de supposés homosexuels pris entrain de célébrer un mariage ou un anniversaire.
 
L’horloge affiche 09 heures, des groupuscules se forment aux alentours du commissariat de Kaolack empêchant même les véhicules de circuler correctement. Jusqu’à 15 heures, des badauds étaient encore debout devant les grilles du commissariat demandant aux policiers de leur livrer les mis en cause, sans doute pour appliquer la justice populaire. Vers 13 heures, alors que le véhicule des policiers acheminait trois (3) individus qui étaient en garde-à-vue, au parquet de Kaolack, la foule déchaînée, jette des pierres sur le véhicule, pensant qu’il convoyait les onze (11) présumés homosexuels. Débordés, les limiers n’avaient d’autres choix que de riposter par des grenades lacrymogènes  pour disperser la foule qui grossissait au fur et à mesure. Les entrées filtrées, les citoyens désireux de se procurer des documents, n’ont pas pu accéder au commissariat.
 
La tension est monté d’un cran à 15 heures lorsque des policiers sortent les affaires saisies sur les lieux de l’arrestation des supposés homosexuels, une valise et un sac sont ainsi rangées dans le véhicule. La porte du véhicule de la police s’ouvre, les onze (11), foulard autour de la tête, montent à bord. Ils sont contraints de se coucher aux pieds des limiers qui les escortaient au moment où injures et menaces de représailles fusaient de la foule. A grand renfort de grenades lacrymogènes, la police fait tout pour disperser la foule qui poursuivra le véhicule jusqu’au tribunal. Là aussi, les populations ont tenté d’envahir les lieux. Mais c’était sans compter avec la détermination de la police. Frustrés, des badauds ont brûlé des pneus. Les Kaolackois tenaient à faire leur fête à ces onze (11) présumés homosexuels qui ont eu le toupet de s’adonner à leur déviance la veille le jour du Gamou (célébration de la naissance du Prophète (PSL). Aux dernières nouvelles, souligne « l’Observateur », ces derniers ont bénéficié d’un retour de parquet. Ils sont placés en détention dans un lieu tenu secret pour les protéger de la furie populaire.
 
Lors de leur déferrement devant le Procureur de la République, un proche d’un des mis en cause, a été sévèrement pris à partie par la foule alors qu’il tentait de défendre son parent. N’eût été la prompte intervention des forces de l’ordre qui l’ont exfiltré, la foule allait décharger son courroux sur lui.

Dié BA
 

Source: 
pressafrik.com

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