Léona : Le centre administratif de Kaolack

Premier quartier de la commune de Kaolack, Léona abrite le centre administratif de la capitale du Saloum. Les premiers lotissements de l’époque coloniale ont été faits dans cette bande de terre jouxtant le fleuve Saloum. Une centralité qui lui impose une cohabitation difficile entre services administratifs, commerces d’une part et habitations d’autre part. Des personnalités de la politique, des arts et des sports font la fierté de ce quartier pas comme les autres de Kaolack.

Sur le nom donné à ce premier quartier de Kaolack, deux versions tiennent la corde. La première évoque la signature d’un traité avec Bour Saloum autorisant le gouvernement français à construire un fort sur le fleuve à l’emplacement du village de Kahola. La seconde retrace la pacification de la zone entre sérères niominka et des figures religieuses locales tels que Abdou Hamid Kane et Madiw Touré ; poussant le premier, dans un geste de délivrance, à dire au second qu’il peut désormais s’installer sur le site légitiment (leonala). L’aménagement de la ville datée de 1857 a commencé par ce bande terre partant du front de mer jusqu’au pont Serigne Bassirou Mbacké en passant par les anciens maisons commerciales Maurel & Prom, Deves Chaumet.

Aujourd’hui l’extension de la ville facilitée par le boum de l’arachide a transformé Léona à un quartier d’affaires et une plateforme administrative abritant l’ancienne gouvernance, la préfecture, le palais de justice. Le centre-ville, lieu de résidence de la forte colonie libano-syrienne, est vampirisé par les commerces dont le marché central avec ses pavillons d’un autre âge. Chef de quartier dans la lignée de feu Mamour Mbodj, Joseph Karam, Pape Ballayera, contrôleur du trésor à la retraite, vit avec amertume la descente aux enfers de Léona. « Notre quartier, à l’image de la ville de Kaolack, jadis la deuxième ville du pays, est aujourd’hui l’ombre de lui-même, l’assainissement est défaillant, l’insécurité galopante et la pauvreté se généralise. Sa posture de quartier administratif ne lui fait bénéficier d’aucun traitement particulier de la part des autorités administratives », regrette-t-il en prenant ses compagnons de « Grand-Place » en face d’une banque de la place.

A côté des services de l’Etat, Léona, quartier résidentiel s’il en était un, abrite les demeures cossues des figures politiques post indépendance tels que Djim Momar Guèye, Ibrahima Seydou Ndao « Diaraaf », Valdiodio Ndiaye, Amadou Cissé Dia. Des bâtisses à l’architecture imposante qui traduisent un passé glorieux du « Plateau » du Saloum.

 

Auteur: 
Elimane FALL
Source: 
Le Soleil

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