Le ministère de la Santé étudie le cas d’un tuberculeux rétif au traitement (médecin)

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale est en train d’étudier le cas d’un malade vivant avec la tuberculose multirésistante et refusant de se faire soigner, a annoncé jeudi le médecin-chef de la région médicale de Kaolack (centre), le docteur Balla Mbacké Mboup.

La tuberculose est dite multirésistante lorsque le bacille responsable de la maladie est insensible au moins aux deux médicaments antituberculeux standards les plus efficaces contre la maladie, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Le patient en question était pris en charge au district sanitaire de Ndoffane, dans la région de Kaolack.

"Il a expliqué qu’il ne peut pas continuer son traitement à cause des effets secondaires des médicaments. Le patient soutient qu’il préfère mourir que de supporter les effets secondaires des médicaments", a dit le docteur Mboup à des journalistes, en marge d’une réunion d’évaluation des activités de la région médicale en 2015.

"Le district sanitaire de Ndoffane a tout fait pour le persuader de suivre le traitement. Le service d’hygiène est intervenu, les autorités religieuses et administratives également, mais le malade refuse toujours la prise des médicaments livrés par le Programme national de lutte contre la tuberculose", a-t-il expliqué.

Selon Balla Mbacké Mboup, son cas a emmené le ministère de la Santé et de l’Action sociale à réfléchir à "une législation" permettant de prendre les dispositions nécessaires, dans une situation pareille, puisque des patients sous-traitement antituberculeux sont souvent perdus de vue par les établissements de santé au Sénégal, sans être guéris.

"Il y a un vide juridique à ce niveau. On ne sait pas ce qu’il faut faire avec ce malade, qu’on ne peut pas forcer à prendre ses médicaments (…) Ça pose problème", s’est inquiété le médecin-chef de la région médicale de Kaolack.

Selon lui, ce patient risque de transmettre aux personnes vivant dans son entourage la maladie, une forme de tuberculose dont le traitement peut coûter "jusqu’à trois ou quatre millions de francs CFA".

Le district de Ndoffane a renforcé les contrôles sanitaires sur les proches du malade, a-t-il ajouté, précisant que le cas du patient a évolué vers une forme multirésistante après qu’il a "brutalement" interrompu son premier traitement.

"Maintenant, à cause de l’interruption du traitement, le bacille de Koch, responsable de la maladie, a développé une résistance aux médicaments, à telle enseigne que les médicaments prescrits deviennent inefficaces", a souligné le docteur Mboup.

"Maintenant, a-t-il poursuivi, il faut lui prescrire des médicaments de deuxième génération, qui coûtent cher sans être tout à fait efficaces."

AB/ESF

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APS

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