As Saloum : A quand le retour parmi l’élite ?

En 20 ans de présence sur l’échiquier footballistique national, l’As Saloum n’a rien gagné, excepté un maigre titre de Coupe du Sénégal en Juniors remporté en 1999. Créé sur les cendres du célèbre Mbossé et de l’Association sportive de Kaolack pour jouer les premiers rôles à l’échelle nationale, le club de Souleymane Ndéné Ndiaye continue de se chercher une place sous le soleil. Et valse sans cesse entre Ligue 1, Ligue 2 et National 1.

Kaolack : Veille de match contre le Diamono de Fatick comptant pour la première journée du tournoi de montée en Ligue 2. En ce vendredi après midi, la tribune couverte du stade Lamine Guèye grouille de monde. En dépit d’une chaleur d’étuve, les supporters de l’As Saloum ont fait le déplacement pour assister à la séance d’entraînement des hommes de l’entraîneur Pape Ibrahima Fall. Après deux années, en National 1, l’espoir de revoir l’équipe dans l’antichambre de l’élite renaît. Avec le Diamono de Fatick, l’Africa Foot de Thiès et le Lycée Gaston Berger de Saint-Louis, le club dirigé par l’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye joue le tournoi de montée. Au terme de cette compétition, deux équipes vont accéder en Ligue 2. C’est dire l’enjeu important que revêt ce match contre l’équipe fatickoise. D’où cette forte mobilisation des supporters qui entendent jouer leur partition pour aider l’As Saloum à gagner un des deux tickets mis en jeu. Au sein du groupe des joueurs, l’ambiance est à la bonne humeur.Le staff technique ne semble pas avoir lésiné sur la préparation psychologique. Et pour cause, il faudra être fort mentalement pour bien aborder le match aller contre le Diamono de Fatick. Ce n’est jamais facile de jouer à l’extérieur. Et surtout, un bon résultat au stade Massène Sène pourrait davantage booster le moral des Saloum-Saloum et les aider à mieux se préparer pour la suite de la compétition. Pour l’heure rien n’est gagné, chacun des trois autres clubs ayant également à cœur d’accéder en Ligue 2. En attendant, le staff a mis les bouchées doubles. En effet, depuis une semaine, les joueurs sont en regroupement fermé dans le centre d’accueil du stade Lamine Guèye. Tous les atouts doivent être mis de leur côté pour mettre à profit cette opportunité unique pour retrouver la Ligue 2, chose qu’ici les populations attendent depuis 2014.

Club phare de Kaolack, l’As Saloum a connu une descente aux enfers depuis 2009, année qui l’a vu quitter la Ligue 1. L’équipe a touché le fond en 2014-2015 avec sa relégation historique en National 1. Deux ans après, elle frappe à nouveau à la porte de l’élite. Un parcours laborieux qui illustre à souhait, les difficultés que traverse le club fanion de Kaolack, ces dernières années.

En réalité, depuis sa création en 1996 sur les cendres du célèbre Mbossé et de l’Association sportive de Kaolack, l’As Saloum n’a jamais su confirmer tout le bien que ses nombreux fans pensent d’elle. Or, explique le président de la Ligue régionale de football Kosso Diané, en fusionnant l’Ask et le Mbossé, pour donner naissance à l’As Saloum, l’objectif était de mettre en place un grand club capable de jouer les premiers rôles dans l’élite. « L’Ask parrainée par les Salins de Kaolack avait des moyens, des joueurs mais n’avait pas une assise populaire, la base affective pour aller de l’avant. Quant au Mbossé, il avait la base affective, le soutien populaire mais n’avait pas de moyens. Et c’est ainsi qu’Abdoulaye Diack qui était à l’époque maire, nous avait suggéré d’unir nos forces », fait remarquer le patron du foot régional. Il ajoute que l’ancien baron socialiste avait mis beaucoup de moyens au profit de la nouvelle équipe. Malheureusement, les résultats n’ont pas suivi.

Un palmarès vierge

L’immense espoir né de la création du club s’est, au fil des championnats et des coupes manqués, transformé en désillusion. Excepté un maigre titre de coupe du Sénégal Juniors en 1999, l’équipe kaolackoise n’a rien gagné, en 20 ans de présence dans l’échiquier footballistique national. En 2000, elle est passée à deux doigts de gagner son premier titre majeur ; mais son adversaire en finale de la Coupe du Sénégal, le Port autonome de Dakar, l’empêche de toucher le Graal en remportant la rencontre sur le score sans appel de 4-0. Si l’As Saloum a connu « ces éclaircies », c’est que, selon Kosso Diané, « à l’époque les politiques appuyaient beaucoup le club, Abdoulaye Diack mettait les moyens et tout le monde collait à l’équipe ». Il souligne que depuis le décès de l’ancien maire de Kaolack, il n’y a plus de mécènes pour le football kaolackois.
Reléguée en 2ème division en 2001, l’As Saloum revient dans l’élite quelques années plus tard. En 2008, elle est dauphine au championnat de Ligue 1, sans doute son meilleur résultat à ce jour. Cette belle performance lui permet de jouer la prestigieuse Ligue africaine des champions la même année. Même si en fin de compte, elle a été très tôt écartée par le Club Sfaxien de Tunis. Toujours ce goût d’inachevé ! « On a l’impression que Dieu a exaucé les vœux d’un ancien du Mbossé. Lors d’une Ag en prélude au lancement de l’As Saloum, ce vieux avait prié sur le prophète même pour que cette nouvelle équipe n’aie jamais de résultats ; tant cette fusion entre l’Ask et l’As Saloum n’était pas du goût de tout le monde », rappelle avec humour Kosso Diané.
Reléguée en Ligue 2 la saison suivante, l’As Saloum peine donc depuis lors à sortir la tête de l’eau. Et pire, voilà deux saisons maintenant qu’elle se débat en National 1. « Il y a des difficultés. Nous avons quand même du mal à nous maintenir dans l’élite et à remporter des coupes », admet froidement, le coach Pape Ibrahima Faye. Entre autres difficultés qui empêchent sa formation de sortir de l’ornière, le technicien indexe « le défaut d’organisation et l’aspect managérial ». Il rappelle que le foot a besoin d’un environnement sain et professionnel pour émerger.

Manque de moyens, mauvaise préparation hivernale, départ des joueurs etc.
 L’entraîneur indique qu’il a également toutes les peines à garder ses joueurs. « Chaque année, je perds l’essentiel de mon effectif. Nous avons un réel problème pour garder les garçons que nous formons. On peut notamment citer les départs de Papy Djilabodji que tout le monde connaît, de Toumany Diedhiou qui a fait les beaux jours de Niary Tally, Alassane Baldé, Alioune Badara Faye, etc. », énumère-il.

Pape Ibrahima Faye déplore le fait que lui et son staff n’arrivent presque jamais à effectuer correctement la préparation hivernale, faute d’appui financier conséquent. Résultat, « j’entre en lice dans le championnat après seulement une semaine de préparation ». L’autre contrainte de taille à laquelle fait face la formation kaolackoise concerne sans nul doute, l’absence de moyens. Son chargé de communication, Mawdo Ndiaye, révèle que le club ne peut compter que sur la générosité de son président. Me Souleymane Ndéné Ndiaye, se réjouit-il, a beaucoup mis la main à la pâte.  Comme les autres clubs de la région, l’As Saloum bénéficie des subventions de la commune. Toutefois, celles-ci n’ont toujours pas été versées à leurs bénéficiaires ; alors que le championnat est terminé. Le président de la Ligue régionale pense que ces subventions, par rapport aux charges des clubs, ne représentent pas grand-chose. « Et encore que quand les clubs les reçoivent, c’est en fin de saison. Non seulement ce n’est pas important mais elles ne viennent pas à l’heure. Aujourd’hui, on est en fin de saison et aucune équipe n’a reçu de subvention. Ce qui fait que les gens sont obligés de se démerder de gauche à droite », déplore Kosso Diané.

Fort heureusement, les redevances du transfert de Papy Djilabodji vers le Werder de Breme, évaluées à 20 millions FCfa ont permis à l’équipe de respirer. Les clubs Kaolack Foot center et l’Us Gorée ont aussi reçu respectivement 33 et 11 millions du transfert de l’ancien défenseur central du Fc Nantes. D’après le coach Pape Ibrahima Faye, « une grande entreprise sportive », pour être prospère, doit disposer de gros moyens financiers et logistiques. « Il faut avoir un stade, il faut disposer d’un centre d’accueil et il faut surtout avoir de l’argent pour garder les gamins. Le football actuel demande beaucoup de moyens. C’est ce qu’ont fait Saër Seck avec Diambars et Mady Touré avec Génération foot », se convainc celui qui fut capitaine du Mbossé en juniors.

La suite dans notre prochaine édition

De nos envoyés spéciaux Diégane SARR (Textes) et Abdoulaye MBODJ (Photos)
 

Source: 
Le Soleil

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