Moutons de race : Les acteurs veulent promouvoir le sous-secteur

La particularité de la 2e édition de la foire internationale de Kaolack reste l’exposition des races de mouton. A travers cette rencontre, les acteurs comptent promouvoir ce sous-secteur de l’élevage qui participe, selon eux, à lutter contre le chômage et le sous-emploi.

En cette matinée du samedi 4 février, un vent sec et poussiéreux balaie Cœur de Kaolack qui accueille la 2e édition de la Foire internationale de Kaolack qui bat son plein. L’un des points d’attraction reste l’exposition des races de moutons. Comme l’année passée, les acteurs de ce sous-secteur de l’élevage ont exposé des animaux et de la volaille de tout genre. Ils sont installés à l’extrême sud des pavillons « Sine Saloum » et « Ngeloware » du Cœur de ville de Kaolack. Leurs stands attirent du monde. L’élevage de basse cour est le quotidien de Mansour Kane et de ses amis qui ont créé une structure qui regroupe près de 200 membres. Tous sont de la région de Kaolack et s’activent dans différents secteurs socioprofessionnels. Ils ont comme dénominateur commun, la passion de l’élevage de basse cour et la promotion des sujets de race. Dans leurs stands, on trouve des boulants, paons indiens, cravatés chinois, capucins, texans, king, mondains, lapins, des pintades, marans (la poule aux œufs d’or), oies gardiens en provenance de la République de Guinée, des autruches, etc. Pour la race locale, on aperçoit, dans des cases en bois, des paires de « brahma », de « orpingtone », de « combattant », « féverole », des poussins, etc.

La paire de ces animaux de basse cour n’est pas à la portée des petites bourses. Les prix varient entre 15 000 et 150 000 FCfa. Mansour Kane se félicite que leur stand attire plus de monde. « 80% sur les 100 visites passent dans nos stands », affirme-t-il.

Visite des Gambiens

Après trois jours, il juge « positif » le démarrage de la Fika. « La plupart des visiteurs sont des passionnés de l’élevage de basse cour même les promoteurs de la Fika passent fréquemment pour visiter nos stands », souligne-t-il, joyeux. Il ne tarit pas d’éloges pour vanter les mérites de ce sous-secteur de l’élevage qui permet, selon lui, de lutter contre le chômage et le sous-emploi. Le policier Ibrahima Diène, adjoint au chef du garage mécanique auto-moto du camp Abdou Diassé, originaire de Kaolack, est un passionné de ce type d’élevage. Il a piqué le virus en 1972. A 54 ans, il a la même passion pour ce sous-secteur. Membre de l’Akabacour, il passe les week-ends à Kaolack pour s’occuper de ses sujets de race.

Le bonnet torpédo sur la tête, le policier a le cœur gros en parlant de sa passion. Outre le fait que cette activité permet d’évacuer le stress, l’élevage de volaille lui a permis d’élargir son cercle d’amitié. Ils ont un système de troc qui permet à chaque membre d’acquérir des sujets de race, sans bourse délier.

Dans le lot des visiteurs, l’homme d’affaires gambien, Lamine Diop, accompagné d’une forte délégation. Il se dit agréablement surpris d’avoir trouvé ces différentes catégories de volaille. « C’est une belle exposition qui m’a permis de découvrir diverses races de basse cour », apprécie-t-il. M. Diop en a profité pour nouer des contacts avec des membres de l’Akabacour. Ce type d’élevage est peu développé dans son pays et il souhaite s’y engager en partenariat avec les membres de cette association. Mamadou Ndiaye habite Kaolack. Il fait partie des visiteurs passionnés de l’élevage. Il estime que cette exposition permet aux populations surtout aux visiteurs de connaître les animaux et de faire la promotion de ce sous-secteur. En ligne de mire, l’Akabacour souhaite que tous les acteurs se retrouvent au sein d’une seule entité nationale pour relever les défis liés à la cherté de l’aliment de bétail et dans une certaine mesure, à l’acclimatation.

Croisements des races

A côté des stands de sujets de basse cour, il y a ceux des moutons de race. Des « ladoum », des « Bali Bali », des races soudanaises, tchadiennes, nigériennes, etc. Balla Doumbiya qui habite à kahone élève les moutons de race soudanaise depuis 7 ans. Des sujets rares au Sénégal. La particularité de ces moutons, explique Aliou Doumbiya, frère de Balla Doumbiya, est liée à la longueur de leur queue qui peut mesurer un mètre ainsi que leur poids qui peut atteindre 130 kg.

Abdoulaye Konaré, comptable dans un établissement financier de la place, par ailleurs, éleveur, souligne que la contrainte majeure dans la commercialisation de ces moutons de race d’origine soudanaise est que leurs mâles n’ont pas de cornes. « Au Sénégal, on dit que les moutons sans cornes ne sont pas légales pour le sacrifice d’Abraham (Tabaski) », rappelle-t-il. Toutefois, il estime qu’il y a des possibilités de faire des croisements avec des races locales et d’avoir de bons béliers pour la fête de Tabaski. Cette exposition est venue à son heure, apprécie-t-il. A en croire M. Konaré, la plupart des races sont issues des croisements surtout le « ladoum ».
Par Elimane Fall et Souleymane Diam SY
 

Source: 
Le Soleil

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