Prévalence du Covid 19 : A qui la faute ?

Au tout début de l’épidémie du Covid 19, un religieux me rappela ce que doit être le comportement du musulman en cas d’épidémie. Pour lui le Prophète Mouhamed (PSL) a déjà donné la recette. Il s’agit aux fidèles musulmans d’éviter de se rendre dans un foyer d’épidémie ou de le quitter le temps que celle-ci se stabilise. J’ai été très enthousiaste et serein en me disant que la solution à l’épidémie du covid 19 est disponible et que celle-ci sera vite maîtrisée au Sénégal, pays à 95% de musulmans.  J’ai été réconforté et fier d’être musulman surtout lorsque j'ai vu que ces recommandations sont appliquées par des pays non musulmans. Aux Etat unis par exemple, un Etat en a fait son slogan.
Au Sénégal et suivant ces recommandations, des mesures sont appliquées telles que : la fermeture des mosquées et la restriction des mouvements inter-régions et la fermeture des frontières.
Mais lorsque l’Etat se mit à collecter des ressources pour faire face au mal, la riposte prit une autre tournure. La politique s’est invitée, aidée en cela par des médias sociaux et même par des religieux très résautés pour s’insurger contre la mesure. L’Etat est cloué au pilori, diabolisé, accusé à tort de combattre l’Islam. Désormais il fait face à deux fronts: celui de la pandémie et celui de ses propres citoyens. La lutte ne sera que retardée. Les forces étant dispersées. Or il n’a fait qu’appliquer une recommandation islamique. Certains citoyens se révoltèrent en bravant les interdits. L’Etat, vu désormais non pas comme le protecteur de ses administrés contre un mal, mais comme un ennemie de l’Islam.
Pourtant si le virus s’est déplacé pour se propager à ce rythme, c’est bien la faute aux musulmans. Ils ont voulu devenir plus prophète que notre saint prophète (PSL). On aurait pu se targuer, se glorifier de notre « musulmanité » en mettant en exergue la sagesse du Prophète Mouhamed à travers ses messages toujours convaincants et d’actualité sur les phénomènes.
La faute au sénégalais qui ont mis en avant leurs intérêts personnels pour disent-ils : « leur survie ». Pourtant aucun sénégalais ne sort de chez lui en cas de fortes pluies ou des inondations.
Il m’a également été donné de constater qu’en cas de fête (tabaski ou korité), des citoyens ferment boutiques, parfois pour une semaine, le temps de communier avec leurs familles.  La preuve les grandes villes se vident à ces périodes. Comment ces mêmes citoyens deviennent subitement incapables de rester confiner une semaine le temps de maîtriser l’épidémie ?

D’autres tapis à l’étranger et qui, du reste n’ont fourni aucun apport financier ou matériel à la riposte, ont pris le contre-pied voire la place des techniciens de santé. Des rumeurs sont distillés sur des complots, sur la maladie, le vaccin, le traitement etc. Ils ont fini par installer la peur. Pour quelle fin ? On ne sait pas. Mais, on sait que finalement chaque citoyen sénégalais est devenu un agent de santé. Désormais la riposte est biaisée et les cas ont flambé au grand malheur de personnes vivants avec une co-morbidité.
Alioune Seck, Assistant social
DESS Santé communautaire Kaolack

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