Quand Macky Sall déchire l’histoire et n’agit plus au nom du peuple !

J’ai remarqué, comme tous les sénégalais et tous les amis du Sénégal qui suivent notre pays, l’inculture du président de la République. Mais cela ne gêne pas outre-mesure car il est encadré par la haute intelligence qui, normalement, influence ses décisions, politiciennes soient elles. Cependant, j’ose espérer qu’il a, en tant qu’homme politique et disciple de premier rang de la France, lu, au moins l’histoire de la « révolution française ».
Le 05 mai 1789, constatant que les caisses de l’Etat sont vides, le roi Louis XVI, en complicité avec le clergé et la noblesse tente « de lever de nouveaux impôts. Le 17 juin les députés s’opposent et jettent les bases de la fin de l’autoritarisme royal. Le 14 juillet 1789, des émeutiers prennent d’assaut la Bastille qui symbolise « l’arbitraire royal ». C’est le début de la révolution. En fait, le caractère disproportionnel et distant entre les charges des trois ordres et les ressources publiques et entre les institutions qui en découlent et le peuple conduisent à la défiance et à la rébellion. Donc il y a crise institutionnelle.
Quels enseignements pour un président d’un pays aux ressources limitées ?
Le président Macky, tragiquement pour les sénégalais, ignore, que son nom est confus dans sa fonction présidentielle. Il doit agir au nom du peuple. Donc confondre à dessein cette fonction institutionnelle et sa fonction politicienne sera à l’origine d’une crise morale. Or, celle-ci a été très déterminante dans les révoltes, rébellions et révolutions comme la révolution française racontée ci haut et dans la révolution musulmane des marabouts Torodo au Fouta Toro en 1776, contre l’esclavage. C’est donc suicidaire que d’utiliser l’appareil d’Etat à des fins politiciennes.
En vérité les bourses de sécurité familiales ont un objectif clair. Deux ans après son arrivée au pouvoir, en 2014, il institue le PNBSF (programme national de Bourses de Sécurité familiale) qui visait à « mettre à la disposition des ménages vulnérables des bourses de 25 000 F CFA par trimestre pour renforcer leur moyen d’existence et capacités éducatives et productives ». Les familles bénéficiaires de ces fonds du trésor sénégalais ont une dignité et un honneur. Clamer dans toutes les planètes que « Macky Sall vous a envoyé » montre qu’elles ont tendu la main ; alors que nenni ! Elles ont bénéficié d’un programme national de leur Etat comme Macky Sall a bénéficé de l’école publique qui l’a permis d’être là où il est aujourd’hui.
C’est pourquoi j’appelle le président de la république à ne pas jouer avec les institutions. En effet l’histoire nous a enseigné que partout (Egypte, Grèce et Rome antique) et tout le temps (Antiquité, Moyen Age, les temps modernes et contemporaines-les évènements du camp de Thiaroye, le Printemps arabe, les évènements du 23 juin 2011, la fraiche crise malienne-) sont nés le plus souvent de crise morale et /ou d’autorité. D’ailleurs, monsieur le président, sous aucun prétexte, vous n’avez le droit de remettre en cause le sang versé par les « Tirailleurs sénégalais » et l’effort fourni par les pères fondateurs de notre république si vulnérable dans une planète bouillante. Sachez que le Sénégal dispose, désormais, d’une forte opinion capable d’influencer les masses comme l’avaient fait les philosophes des Lumières.

Mandiaye Diop, professeur d’Histoire-Géographie, diplômé en Histoire des relations internationales et stratégiques.

 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Kaolack Tags